| Code
inconnu Michael Haneke Sélection Officielle
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| 48B13 Michael Hanneke était sans doute lun des cinéastes les plus attendus (au tournant ) de la sélection officielle Cannes 2000. A linstar de Kieslowsky quittant sa Pologne pour tourner des productions françaises, le réalisateur autrichien a été sollicité à la fois par Marin Karmitz et par Juliette Binoche, afin de placer sa caméra en plein Paris. Pour qui a vu dans la trilogie Le Septième Continent, Bennys Vidéo, 71 Fragments dUne Chronologie du Hasard et dans le très controversé Funny Games une uvre forte, pleine doriginalité, vide de concession, dont la totale ma”trise du formalisme est toujours au service de lintention pour ceux-là donc, Code Inconnu avait de quoi mettre leau à la bouche. Pour les autres, choqués, agacés ou simplement indifférents au cinéma différent, le dernier film de Hanneke a pu se résumer à lexposition de questions universelles socio-philosophiques sur le mal-être, lintégration, la manipulation, limmigration, la représentation de la réalité, lillusion, lesthétique ce qui nest déjà pas si mal ! Résumer lhistoire de Code Inconnu tiendrait en même temps de la gageure et de la trahison. Au mieux peut-on placer les principaux personnages dans leurs situations apparentes : Anne (Juliette Binoche) est une jeune comédienne en passe de faire carrière au cinéma. Son compagnon Georges (Thierry Neuvic), photographe de guerre, est souvent à létranger. Fils dagriculteur, ce nest pas lui qui reprendra la ferme familiale, ni son frère cadet Jean, attiré par une autre vie. Amadou (Ona Lu Yenke) est un jeune Malien, musicothérapeute pour enfants sourds-muets comme sa jeune sur. Maria (Luminita Gheorghiu) est dorigine roumaine, mendiant à Paris pour envoyer de largent à sa famille La force du film de Hanneke est proposée par son sous-titre : récit incomplet de divers voyages. Le cinéaste fait de la direction de spectateurs en forçant ceux-ci à compléter ce quils voient dans le cadre, même quand ce cadre est composé avec une précision incroyable. Jamais ce qui est vu ne vaut que par ce qui sy voit. Quand Hanneke met en scène une séquence (qui la plupart du temps ne contiendra quun plan), il va pousser le |
spectateur à bout, lamenant, non pas à fléchir,
ni même à réfléchir, mais à décamper
de limage par une sorte de force centrifuge, quittant le visible
pour le valable
Quand le jeune pongiste de 71 Fragments dUne
Chronologie du Hasard sentra”ne au tennis de table avec
un robot pendant un interminable plan-séquence (le sport favori
de Hanneke le plan-séquence, pas le ping-pong !), lagacement
justifié se transforme au fil du temps qui sétire,
et on franchit alors une frontière vers des perceptions dont peu
de cinéastes nous offrent le passeport. Ainsi dans Code Inconnu,
pour nous faire ressentir lhumiliation dune expulsion, pas
de discours, mais un long, très long plan fixe, cadrant serré
lentrée dans lavion de passagers anodins, avant quentre
dans le champ Maria entre deux policiers. Il y a chez Hanneke une sorte
de décadrage temporel : filmer la scène, le
décor, les personnages, bien avant que laction elle-même
ne se déroule, et lui donner ainsi une tension très forte.
Avant quAnne entende les cris dune enfant battue par son voisin,
on la verra repasser son linge, devant la télévision, sirotant
un verre de rouge ; avant quelle subisse une agression dans le métro,
la cadre aura pris le temps de sinstaller, augmentant limpression
de réalité. Jean Gouny |
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| 1h57 - France - Scénario et dialogues : Michael Haneke - Images : Jürgen Jürges, b.v.k. - Décor : Manuel de Chauvigny - Musique : Giba Gonçalves - Montage : Andreas Prochaska, Karin Hartusch, Nadine Muse - Interprètes : Juliette Binoche, Thierry Neuvic, Sepp Bierbichler, Ona Lu Yenke. |