| Kippour (Kippur) Amos Gitaï Sélection Officielle Prix François Chalais
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| La ville de Jérusalem est calme. Les longs plans de rues désertes sont rythmés au bruit des pas dun homme qui marche seul. Et puis la sirène sonne le début de la guerre du Kippour qui opposa lIsraël et les pays voisins musulmans. Deux jeunes étudiants appelés dans leur bataillon se retrouvent lespace dun voyage en voiture aux avant-postes avec pour mission de secourir les blessés du front. Jamais lennemi ni le lieu direct des combats napparaissent. Juste des explosions, des cris et le sentiment que le danger est tout proche. Prêt à exploser. De longs plans séquences assurent un découpage minimum. La caméra posée à un endroit précis nous permet dassister à laction sans pouvoir nous en échapper par un quelconque subterfuge de réalisation. On ne se projette plus dans le film mais le spectateur est directement placé comme un personnage à part entière qui observerait chaque scène. Un spectateur qui aurait revêtu la couleur du camouflage introduite par le réalisateur dans son intrigant préambule. |
Amos Gitaï révolutionne le film de guerre en supprimant tous les poncifs du genre. Aucune musique grandiloquente, aucun ralenti, aucune scène de bataille et un minimum de plan. Ce film sapproche ainsi du documentaire avec en plus la force de la fiction qui réside dans un scénario travaillé à lavance pour obtenir une parfaite adéquation entre les personnages, lhistoire et la réalisation. Lattaque de lhélicoptère est formidablement traitée Aucun indice ne permet de la prévoir. La caméra est aussi affolée que les personnages. Elle se contente de survivre et naide en rien à expliquer la situation critique. Le cinéaste se place au même niveau que ces hommes enfermés dans ce conflit. Le constat est dur. Les blessés saccumulent dans lhélicoptère. Dautres sont abandonnés. Les infirmiers senlisent, repartent, pour devenir fou et danser sous les obus. Kippour puise ainsi toute sa force dans lhumanité, la sincérité et la modestie du regard porté sur ces personnages et cette guerre.
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| 2h03 - Israël - Scénario et dialogues : Amos Gitaï, Marie-José Sanselme - Images : Renato Berta - Décor : Miguel Markin - Musique : Jan Garbarek - Montage : Monica Coleman, Kobi Netanel - Interprètes : Liron Levo, Tomer Ruso, Uri Ran Klauzner, Yoram Hattab, Guy Amir, Juliano Merr. |