| L'affaire
Marcorelle Serge Le Péron Quinzaine des Réalisateurs
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| Les
affaires judiciaires ont toujours inspiré Serge Le Péron,
jusqu'alors traitées sur le mode documentaire (L'Affaire Spagiari,
Bruay : histoire d'un crime impuni). Avec L'affaire Marcorelle,
où il adopte avec bonheur celui de la fiction, il concrétise
à travers son personnage l'évolution d'une profession, celle
de juge d'instruction, qui conna”t depuis quelques années l'éclatement
des barrières qui la protégeait. Humanisés, les juges
apparaissent désormais aux prises avec leurs pulsions, se divisent
en clans, manuvrent des intérêts, illustrant souvent
le contraire de ce que devrait être la justice. C'est ainsi que Marcorelle appara”t dans toute sa fragilité, rongé par la culpabilité et des nuits peuplées de cauchemars. Au cours de l'un d'entre eux, tout un pan de son passé surgit et il se retrouve au bidonville de Nanterre : accompagné là par la belle Agnieska, il est amené à tuer un homme. Pourtant, au fil de l'histoire, certaines preuves tendent à transformer le mauvais rêve en réalité bien concrète Le thème est excitant et porteur d'un scénario aux nombreux rebondissements, servi par une galerie de personnages antinomiques particulièrement réjouissante. Marcorelle a eu beau militer et s'engager politiquement et socialement pour exorciser une faille pré-soixante-huitarde, il n'en est pas moins devenu notable, un comble pour quelqu'un qui, comme beaucoup d'autres, rêvait de refaire le monde. Son idéal de justice parfaite ressurgit cependant occasionnellement à travers d'ultimes soubresauts (il n'hésite pas à enfreindre les règles de la profession pour influer sur l'affectation d'un avocat) et des révoltes de |
dernière
minute (il craque littéralement, et nous fait craquer, quand il
découvre le traitement réservé en Préfecture
aux immigrés lors de leurs démarches de régularisation
de situation). Un personnage tout en rupture de ton et en contradiction,
angoisse et questionnement, c'était du sur mesure pour Jean-Pierre
Léaud, qu'on retrouve dans son éblouissante forme de grand
acteur. |
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1h34 - France - Scénario : Serge Le Péron - Images : Ivan Kozelka - Décor : Patrick Durand - Musique : Antoine Duhamel - Interprétation : Jean-Pierre Léand, Irène Jacob, Mathieu Amalric, Philippe Khorsand, Dominique Reymond, Hélène Surgère. |